C’est marrant de voir comment, grâce à l’objectif de voir Loulou, même un emploi à mi-temps au MAHO-Do, pour lequel je n’avais pas grand intérêt, s’est mis à devenir passionnant.
Quand nous avions redémarré notre activité après avoir rénové le magasin, nos recettes n’ont pas autant augmenté que ce à quoi s’attendait Maggie Grigri ; il y avait eu 3 ans d’arrêt d’activité, et il n’y avait que peu de gens qui s’intéressaient objets magiques.
Mais après à peu près trois semaines, les clients qui connaissaient le MAHO-Do d’avant commencèrent à revenir par nostalgie, et nous avions toutes les trois parlé de la boutique à nos camarades de classes actuels, et à nos anciens camarades de l’école primaire de Misora, donc le magasin commença à s’animer un peu. Nous avions même commencé à faire affaire avec des filles des collèges et lycée à l’extérieur de Misora, grâce au bouche-à-oreille qui vantait les mérites de pendentifs et bracelets de chance en argile magique.
Emilie, qui ne pouvait venir que le samedi et dimanche, et Sophie, qui arrivait ait au magasin après ses entraînements d’athlétisme, s’occupaient de fabriquer les objets en argile magique.
Parce-que, eh bien, ce sont celles qui sont douées de leurs mains.
Je suis la plus maladroite, donc tous les jours, après le lycée, j’allais au MAHO-Do et m’attelait avec ardeur à ma tâche de vendeuse, pour aider Maggie Grigri.
A part ça, après sa présentation le jour de la cérémonie d’entrée, tout le monde avait été un peu distant avec Sophie, mais après avoir appris qu’elle faisait partie de l’équipe d’athlétisme, elle est devenue populaire non seulement dans notre classe, mais aussi dans toute l’école.
Je veux dire, à la compétition préfectorale interscolaire de fin Avril, elle a établi un nouveau record aux 100 mètres! C’est incroyable!
Et même sa relation avec notre professeur principal M. Yamaki a pris une tournure des plus amusantes.
Un jour, le matin suivant la défaite des Tigers face aux Giants, M. Yamaki glissa furtivement un journal de sport avec une immense photo des Giants rayonnant de joie dans le casier de Sophie. Ce fut le début de leur combat sans pitié.
« Seul Léon pourrait faire quelque chose comme ça ! »
Ah, « Léon » est le surnom que Sophie et moi avons donné à M. Yamaki.
Ce n’est pas trop cool?
Ça ne vient pas d’un film quelconque ou quoi ; on a enlevé « camé » à « caméléon », faisant donc Léon. Ça a eu du succès dans toute notre classe, et nous avons tous commencé à l’appeler Léon au lieu de Yamaki.
Quand on a raconté à Léon que le surnom venait d’un film, il été absolument ravi, et nous avons presque éclaté de rire.
Donc, à partir de maintenant, je ferai référence à M. Yamaki en tant que Léon.
Je digresse, mais bon, le comportement immature de Léon a quand même énervé à Sophie. Si bien que lorsque les Tigers ont vaincu les Giants, Sophie acheta un journal de sport avec en couverture les Tigers et le déposa sur le bureau de Léon dans la salle des profs.
« Seule Sophie a pu faire ça ! »
Léon prit la mouche aussi, et leur bataille continue encore aujourd’hui.
Je me demande ce qu’il arrivera au prochain affrontement entre les deux équipes ? Il y a une rumeur parmi certains de nos camarades comme quoi cela pourrait escalader en bain de sang. Pfft !
Enfin bon, cela ne fait aucun doute que Sophie s’éclate dans sa vie de lycéenne !
Cependant, aux environ de mi-mai, après la fin des vacances, Sophie vint au MAHO-Do une fois le club terminé, et au moment où elle s’assit à table, elle soupira avec un air déprimé sur son visage.
« Sophie, tu vas soupirer tout ta joie de vivre si tu continues comme ça » Dis-je, curieuse de savoir qu’est-ce qui la déprimait.
« Oh, Dorémi…désolée. Ce n’est rien. » Sophie prit un peu d’argile magique et se remit à fabriquer des porte-bonheur.
Mais même pas 5 minutes n’avaient passées avant qu’elle ne soupire encore.
« Hey, Sophie ! Si tu ne mets pas tout ton cœur dans leur fabrication, ils ne finiront pas en porte-bonheurs ! Si tu n’as pas de motivation, rentre chez toi !! » Gronda Maggie Grigri tout en arrosant les plantes.
« D-désolée… » Sophie baissa la tête sans énergie.
« Maggie Grigri, ne la gronde pas comme ça sans demander ce qui ne va pas, » dit Lala, au moment où j’allais dire quelque chose.
« Sophie, s’est-il passé quelque chose à l’école ?
—Ce n’est pas vraiment grave, mais… »
Tout en disant ça, Sophie sortie un cahier de son sac à ses pied et le posa sur la table.
Il y avait écrit sur la couverture « cahier à histoire, de Nathalie Yokokawa »
« Oh, c’est le cahier de Nathalie ! Ça veut dire qu’elle a fini d’écrire un nouveau roman ? »
Sophie hocha la tête, mais son air sombre ne changea pas.
« Il y a un problème avec ce cahier ? Demanda Lala en le feuilletant.
—Elle me l’a donné avant les vacances, me demandant mon avis une fois que je l’aurais fini.
—Mais ça arrivait tout le temps à l’école primaire ça, non ?
—Ouais, mais…ce n’est pas intéressant du tout.
—Ah ? Mais au collège, elle faisait équipe avec Marjolaine, elles ont reçu plusieurs prix d’honneur dans des magazines de mangas pour filles ! »
J’étais très surprise de ce que me disait Sophie.
« Nathalie m’a envoyé des copies de leur manuscrits quand j’étais à Osaka, je les ai lu aussi. Comparé à eux, c’est beaucoup trop nul. Dit Sophie en me tendant le cahier. Tu devrais le lire aussi, Dorémi.
—O-Ok… »
Et je récupérai le cahier.
TRADUCTION: Bobosse
correction du 26/02/16 par Bobosse