• Le matin suivant, j’ai baillé tout le long du chemin vers le lycée. Ça a pris beaucoup trop de temps de lire le roman de Nathalie que m’a donné Sophie, donc j’étais en manque de sommeil.

    Ce n’est pas comme si l’histoire était si intéressante que j’avais sacrifié volontiers mon sommeil pour la lire. C’était l’exact contraire, en fait.

    Comme l’a dit Sophie, ce n’était pas intéressent du tout. Ça n’a pas pris longtemps avant de me faire somnoler, et j’ai alterné les phases de cours sommeil et de lecture, jusqu’au matin.

    « Fwaaaahh~~ » Alors que je baillais et essuyai un peu mes yeux humides, Sophie accouru dans mon dos.

    « Dorémiiiii! 

    —B’jour, Sophie. » Dis-je, ponctuant mes salutations par un autre grand bâillement.

    « Ne me dis pas que t’es fatiguée à cause du roman de Nathalie ?

    —Et si. » Je sortis le cahier de Nathalie de mon sac et le rendis à Sophie.

    « Alors, qu’en penses-tu ? 

    —C’était super ennuyant. Il y a un fossé, non, deux fossés entre ce travail et celui qu’elle faisait en collaborant avec Marjolaine.

    —Je pense aussi. C’était même d’un niveau beaucoup plus bas que les histoires qu’elle nous avait fait lire avant qu’elle ne collabore avec Marjolaine, tu ne trouves pas ? 

    —Ouaip, c’est vrai. Dorémi le chien fidèle était dans cette histoire aussi, mais je pense qu’on peut dire que c’était…du réchauffé ? Il n’y avait rien de neuf du tout, et absolument aucun humour de qualité.

    —Ouais, c’est exactement ce que je pensais. Dorémi, que devrais-je dire à Nathalie ? 

    —Je pense que lui dire la vérité lui serait plus bénéfique, qu’en penses-tu ?

    —Oui, c’est vrai…Je ne me sens pas super bien de le faire, mais je le ferai. »

    Sophie soupira doucement et mis le cahier dans son sac.

    Le jour suivant était un samedi, il a plu dès l’aube. Je refermai mon parapluie et regardai le ciel nuageux tout en entrant dans le Maho-Do, secouant l’eau sur mon parapluie.

    « Bonjour, Dorémi. » Emilie était déjà arrivée et buvait le thé attablée avec Maggie Grigri et Lala.

    « Dorémi, viens ici et boit avec nous » Dit Maggie Grigri en remettant des feuilles de thé dans la théière.

    « Okay, merci » Je les rejoins après avoir mis mon parapluie dans le porte-parapluie.

    « Il fait trop froid dehors aujourd’hui. Tiens, bois ça et réchauffe-toi. »

    Je pris la tasse de « Thé Royal » que me tendait Maggie Grigri, et étais sur le point de boire une gorgée quand la sonnette de la porte d’entrée sonna bruyamment, me faisant renverser mon thé. « Agh, ow ! Chaudchaudchaud !!»

    Sophie, qui venait juste de la porte, semblât surprise d’entendre mes cris.

    « Sophie, ne fait pas tant de bruit si tôt le matin ! Regarde, j’ai renversé mon thé…

    —Ah, Désolée, Désolée. Je ne me sens pas très bien, alors j’imagine que j’ai projeté ma mauvaise humeur sur la porte. 

    —Est-ce qu’il s’est passé quelque chose ? 

    —Oui, en quelque sorte…

    —Tout d’abord, pourquoi ne prendrais-tu pas un peu de thé ? » Suggéra Lala, et Sophie acquiesça : « Je veux bien ».

    Elle vint à table et s’assit avec lourdeur sur une chaise.

    Maggie Grigri lui versa du « Thé Royal », et Sophie en bu une gorgée, mais son humeur ne sembla pas s’améliorer.

    C’est à ce moment-là que ça m’a frappé.

    « Peut-être t’es-tu disputée avec Nathalie ? »

    Sophie acquiesça sans un mot.

     

     

    Après l’école la journée précédente,  avant d’aller à son club, Sophie approcha Nathalie, qui était en train de nettoyer la salle de classe. Elle lui rendit le cahier et dit franchement à Nathalie qu’elle n’avait pas trouvé l’histoire intéressante.

    En guise de réponse, Nathalie dit quelque chose d’inattendue.

    « Je pense aussi. 

    —Qu’est-ce tu veux dire par là ? Demanda Sophie, surprise.

     –Même moi je ne la trouve pas intéressante, alors que je l’ai écrit. » Répondit Nathalie.

    Sophie fut un peu énervée par son ton nonchalant et dit : « dans ce cas, ça n’aurait pas été logique de la réécrire jusqu’à ce que ce soit intéressent, et ensuite la faire lire à d’autre personne ? »

    Nathalie ignora la question.

    « Je suis dans une mauvaise passe. Peut-être vais-je arrêter d’écrire des histoires. » Dit-elle mollement.

    Ça a fait réagir Sophie «  Qu’est-ce que tu racontes ?! N’abandonne pas si facilement ! »

    Nathalie perdit à son tour patience : « Tu ne peux pas comprendre les états d’âme d’un auteur, Sophie ! 

    —Ouais, c’est ça, Je ne peux pas ! Je n’aurais jamais cru que tu étais une telle bonne-a-rien, Nathalie ! »

     Après cet échange, elles se séparèrent toutes les deux.

     « Je pense que je me suis un peu emportée aussi, mais ça m’as mise tellement en colère… » Sophie tapa légèrement sa tête avec son poing.

    « Je sais ce que tu ressens, Sophie. Tu voulais que Nathalie continue d’écrire des histoires, n’est-ce pas ? Et tu as donc juste accidentellement dit des choses un peu rudes. »

    Sophie acquiesça.

    « Humm… » Emilie, qui nous écoutait silencieusement parler depuis le début, ouvrit finalement la bouche pour parler.

    « Qu’est-ce qu’il y a, Emilie ? 

    —Je pense que le manque d’inspiration de Nathalie a peut-être quelque chose à voir avec Marjolaine. »

    Emilie tenait quelque chose. 

    « C’est vrai, à la réunion du mois dernier, elles agissaient bizarrement quand elles étaient à côté. Dis-je

    —Hum, c’est ça alors ? Mais en CM2 et 6ème, elles ont fait des mangas vraiment drôles, quand même… Dit Sophie avec nostalgie.

    —Et au collège aussi. Elles ont collaboré sous le nom de plume « Misora Komachi » et ont soumis des manuscrits à des éditeurs de magazines.

    —Malgré ça, elles vont à des lycées différents, et à la fête après la réunion, elles ne se sont pas adressé un seul mot. Ajouta Emilie.

    —Je vois. Pourquoi n’aller vous pas essayer de parler à Marjolaine, les filles ? 

    —Je suis d’accord. »

    Maggie Grigri et Lala s’ajoutèrent à la conversation, mais dans l’instant qui suivit, la cloche de la porte d’entrée sonna doucement et une cliente entra.

    « Que-que-wow ! »

     C’était Marjolaine ! Quand on parle du loup !

    « Oh, Dorémi ! C’est donc dans ce magasin que vous travaillez les filles. »

    Quel merveilleux timing ! Nous étions toutes les trois sans voix.

    « Hey, les filles ! Vous avez une cliente ! Dépêchez-vous ! »

    La voix de Maggie Grigri nous ramena à la réalité.

     « Ah, Marjolaine ! Bienvenue ! » Nous dîmes, tout en courant la saluer.

    « Il y avait une affiche pour ce magasin sur la cabine téléphonique toute proche, j’ai donc pensé que c’était le même magasin qu’avant, et je suis venue voir.

    —Oh, je vois ! Nous parlions toutes les trois de toi, Marjolaine, donc tu nous as surprises !

    —Oh, Vraiment ? Alors, quelle sorte d’objets le MAHO-do vend-il cette fois ? 

    —Des objets magiques, comme des pendentifs qui réalisent les rêves, et des broches qui apportent le bonheur…elles sont très efficaces. » Expliqua Emilie tout en prenant les objets.

    Marjolaine demanda un peu brusquement :

    « Est-ce que vous avez des objets qui apportent la malchance à quelqu’un que vous détestez ?

    —…! »

    Nous étions toutes trois choquées et nous nous regardâmes avec perplexité.

    « Evidemment, nous ne vendons pas de choses pareilles !

    —Marjolaine, la personne que tu déteste…ça ne peut être…ce n’est pas Nathalie, n’est-ce pas ? 

    —... ! »

    Ce fut au tour de Marjolaine d’être surprise. Elle tenta de reprendre contenance et dit : « Ce- C’était une blague ! Je vais peut-être acheter un pendentif octroyeur  de rêve.

    —Ce pendentif, alors. Ça fera 2 euro 77 centimes » Je pris l’argent, et pendant que je lui rendais sa monnaie, Sophie emballa le pendentif et le tendit à Marjolaine.

    « Merci bien ! » Sophie lui fit un sourire un peu raide.

    Emilie lui demanda de but en blanc : « Hé, Marjolaine ? Pourquoi es-tu allée à l’académie Aogaoka au lieu du lycée de Misora ? 

    —Aogaoka a…une section spécialisée dans le manga. Elle a produit beaucoup de mangaka professionnels.

    —Oh, je vois. Pourquoi n’as-tu pas demandé à Nathalie d’y aller avec toi ? » Encore une fois, Emilie ne tourna pas autour du pot.

    « !..... »

    Marjolaine semblait à nouveau choquée, mais elle ne retrouva pas son calme cette fois et son visage montra les signes d’un profond déplaisir. « Emilie, j’ai déjà dissout mon partenariat avec Nathalie ! Je te prie de ne plus jamais prononcer son nom devant moi !

    —Marjolaine…?» Emilie n’avait d’autre choix que de garder le silence et de ne pas en demander plus.

    « Désolée, mais je dois y aller » Marjolaine, pris sa monnaie alors que je me tenais encore là, abasourdie, et se précipita vers la porte d’entrée, comme si elle essayait de s’échapper.

    « Marjolaine ! »

     Nous nous précipitâmes toutes les trois à la porte d’entrée paniquées, mais une averse violente nous stoppa dans notre élan. Tout ce que nous pûmes faire fut regarder la silhouette floue de Marjolaine disparaître au loin.

    Après être rentrées dans le magasin, nous discutâmes toutes les trois de la situation tout en malaxant un peu d’argile magique.

    « Je n’aurais jamais cru que leur relation était si tendue.

    —Tout ça car elles sont parties dans des lycées différents ?

    —Et maintenant, elles ne se parlent même plus. 

    —Mais elles s’entendaient si bien… 

    —Je me demande si on peut faire en sorte qu’elles collaborent à nouveau ? 

    —Avant de faire de ça, nous devons déterminer les raisons de leur dispute. Pourquoi ne pas les interroger séparément ?

    —Ouais. Dorémi, je viens juste de me disputer avec Nathalie, donc je te la laisse. 

    —Compris. 

    —Dans ce cas, Sophie et moi irons voir Marjolaine.

    —Si seulement on pouvait utiliser la magie, on résoudrait le problème en un tour de baguette ! 

    —Dorémi !  Emilie et Sophie me foudroyèrent du regard simultanément.

    —Haha, je rigole, je rigole…»

    J’essayais de faire oublier ma maladresse, quand Maggie Grigri et Lala intervinrent

    « Les filles, vous ne pouvez pas devenir des sorcières,  mais pourquoi pas des apprenties ?

    —Vous avez toutes rendues un grand service au royaume des Sorcières, donc si vous le demandiez à Sa Majesté, je pense que vous seriez autorisées à devenir apprenties-sorcières.

    —Si vous le voulez, nous lui demanderont pour vous… »

    Ce serait super…Ces mots étaient sur le point de franchir mes lèvres, mais je les ravalai.

    « Nous avons décidé de vivre nos vies en utilisant notre propre force, et pas la magie. Nous pouvons gérer quelque chose comme ça par nous-même. Nous sommes d’accord pour ne pas devenir apprenties sorcières. 

     

    Emilie et Sophie acquiescèrent vigoureusement à mes mots. 

     

     

     

     

    TRADUCTION: Bobosse

    correction du 26/02/16 par Bobosse


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  • Cet après-midi-là, Maggi Grigri nous a accordé un congé, puisque de toute façon le temps pluvieux avait pas mal éloigné les clients.

    Remerciant chaleureusement Maggi Grigri pour sa gentillesse soudaine, je me dirigeais vers la maison de Nathalie, tandis que Sophie et Emilie rendaient une petite visite à Marjolaine.

     La pluie se calmait, mais n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter pour autant.

     Quand j'arrivais sur le pas de leur porte, Nathalie et sa mère revenaient à peine des courses.

     « Oh, bonjour Dorémi ! »

    La mère de Nathalie me salua poliment.

    « Bonjour, j'aurais aimé parlé de quelque chose de particulier avec Nathalie.

    —Quoi, moi? »

    Comme si elle avait perçu quelque chose, Nathalie me prit le bras et me dit :

    « Viens Dorémi, allons parler dans ma chambre ! »

     

     

    Après avoir bu plusieurs limonades à la framboise en silence, Nathalie commença la conversation avec ce que l'on peut appeler de l'intuition :

    « Dorémi, tu es venu me parler de Sophie n'est-ce pas ? »

    Remarquant que sa dispute avec Sophie l'avait inquiétée, j'ai hoché la tête rapidement.

    « Je pense avoir été trop brutale. S'il te plaît, dit lui que j'aimerais la voir, m'entretenir avec elle et me faire pardonner. 

    —Bien sûr, je comprends »

    J'ai continué avec un petit sourire, tandis que je plaçais le plateau contenant le reste du gâteau que nous avions mangé sur son bureau, puis j'ai décalé ma chaise, pour me retrouver face à Nathalie, assise sur son lit.

    « En fait, je ne suis pas venu uniquement pour ça.

    –... ? »

    Nathalie me regarda d'un air suspicieux, en avalant la dernière bouchée de sa part de gâteau.

    « En fait, Marjolaine est passée à la boutique il y a peu »

    Tandis que je terminais ma phrase, l'expression de Nathalie changea, et elle me sembla triste.

    « Ecoute Dorémi, je ne sais pas ce que Marjolaine t'a raconté, mais nous avons dissout notre équipe il y a longtemps. Si tu es venu pour me parler d'elle, je vais te demander de partir.

    —Attend, Nathalie ! Je vais te paraître indiscrète, mais pourquoi êtes-vous parties dans deux lycées différents ? 

    —... »

    Nathalie s’était murée dans un silence qu’elle brisa ensuite :

    « Si je t'explique, tu partiras ensuite ? 

    —D'a...d'accord »

    Nathalie posa son menton dans sa main droite et elle se lança dans les explications :

    « Alors que nous parlions matériel pour un nouveau projet de manga, Marjolaine m'avait parlé du fait que l'académie Aogaoka possédait une section dédiée à l’étude des mangas, et que nous devrions nous y inscrire ensemble. Mais j'étais trop absorbé dans la liste du matériel à réunir et je ne l'ai pas entendu 

    —Vraiment ? 

    —Forcément, elle m'a vu acquiescer machinalement, et elle a cru que j'avais entendu, et que j'étais d'accord. Mais réfléchis une seconde Dorémi. Aogaoka est une école privée, non ? L'éducation et l'enseignement dispensé là-bas sont bien plus chers qu'au lycée Misora. Je n'avais de toute façon pas l'intention ni les moyens d'aller étudier là-bas.

    —Le seuil d'admission est également plus élevé.

    —Je sais bien ! Et pourtant, Marjolaine est toujours en colère après moi pour ne pas m'y être inscrite avec elle. Ce fut un vrai casse-tête, alors j'ai proposé de dissoudre notre équipe de travail, et elle notre belle amitié. Voilà, c'est la vérité. Maintenant comme promis, s'il te plaît laisse-moi seule... 

    —Oui, mais… »

    J'aurais voulu encore poser des centaines de questions, mais Nathalie me jeta pratiquement dehors.

    Mais juste avant de fermer la porte brutalement, j'ai eu le temps de remarquer qu'elle pinçait les lèvres.

     

     

    Je revins d'un pas haletant à la boutique, alors que Sophie et Emilie étaient déjà de retour.

    A voir leurs têtes, elles avaient toutes les deux réussi à rassembler les pièces du puzzle que constituait la guerre entre les deux anciennes amies.

    L'histoire de Marjolaine était largement similaire à celle de Nathalie. Marjolaine avait parlé de rejoindre l'Académie d'Aogaoka ensemble, et Nathalie l'avait forcément entendue, puisqu'elle avait hoché la tête. Mais pourtant, Nathalie a ensuite clamé qu'elle n’avait pas entendu parler de cette Académie, et décida d'elle-même de dissoudre le groupe.

    « Bon, argumenter pour savoir si Nathalie a entendu Marjolaine ou non, c'est plus trop important maintenant. On ne peut rien faire pour les aider un peu ?  Demanda Sophie

    —Nous avions pensé que Nathalie ne l'avait vraiment pas entendu, par ce qu'elle était trop prise par le matériel à acheter, mais Marjolaine à éminemment insisté sur le fait que Nathalie l'avait entendue, et qu'elle n'est rien d'autre qu'une menteuse »

    Les mots d'Emilie me ramenèrent en arrière.

    « Je me souviens…les mensonges... Juste après m'avoir raconté sa version de l'histoire, Nathalie s'est pincé les lèvres

    —Attend, se pincer les lèvres ? Ce n'est pas ce que fait tout le temps Nathalie quand elle ment ?  S'écria Sophie.

    —Je sais !

    —Ce qui voudrait dire que Nathalie a bel et bien entendu Marjolaine quand elle parlait de s'inscrire ensemble dans le même lycée. Déclara Emilie.

    —Elle l'a entendu, mais a agi comme si ce n'était pas le cas, et ne s'est pas inscrite. Dis-je.

    —Et à cause de ça, elle a fini par dissoudre leur groupe » ajouta de nouveau Emilie.

    Sophie stoppa le débit de parole trop rapide pour elle :

    « Attendez une minute les filles » dit-elle.

    Nous nous sommes arrêtées net, et l'écoutions.

    « Pourquoi Nathalie a menti uniquement pour dissoudre son duo avec Marjolaine, qui était une amie très proche ? 

    —C'est vrai que c'est bizarre. C'est presque comme si elle avait décidé de dissoudre leur groupe avant même l'histoire d'inscription commune dans ce lycée.

    —Pourquoi aurait-elle voulu faire ça ? 

     

     —On ne saura pas tant qu’on n’en aura pas parlé avec Nathalie. Ok, cette fois, je m'en charge ! » S’exclama Sophie tandis qu'elle levait le poing droit avec détermination.

     

    TRADUCTION: Aicko-chan

    correction du 26/02/16 par Bobosse


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  • Le jour d'après tombait sur un dimanche, et Maggi Grigri nous donna la permission de nous absenter de 14h à 16h pour aller au parc de Misora.

    Emilie et moi avions prévenu Marjolaine de ce que Nathalie nous avait dit, et lui avions donné rendez-vous au parc. Quand elle arriva, nous nous sommes cachés à trois dans un buisson derrière un petit banc.

    Toutes ces instructions précises venaient en fait de Sophie.

    Sophie avait entendu parler au lycée de la nouvelle habitude de Nathalie qui consistait à faire son jogging tous les dimanches après-midi pour un nouveau régime. Je crois qu'elle voulait faire partie de son après-midi « jogging » et en profiter pour lui demander la vérité.

    Quand nous avons fini par les apercevoir, elles courraient déjà ensemble.

    Sophie avait prévu de faire une pause avec Nathalie près du banc où nous nous cachions, et de lui parler de la situation.

    Brutalement, alors qu'elles couraient, Sophie accéléra pour éviter que Nathalie n'emprunte son parcours habituel, et passe ainsi à côté du fameux banc.

    Ca avait l'air de marcher. Nathalie essayait de suivre Sophie, mais se fatigua rapidement, et elles finirent par s'arrêter ensemble.

    « Sophiiie, je n'en peux plus de courir ! »

    Alors qu'elle disait ça, Nathalie, à bout de souffle, s’essaya par terre, à côté du banc.

    « Hey Nathalie, ça va ? »

    Sophie posa la main sur l'épaule de Nathalie, et la força progressivement à s'asseoir sur le banc juste devant nous.

    Alors qu'elles buvaient les boissons énergisantes qu'elles avaient apportés, elles commencèrent à parler.

    « Qu'est-ce que nous suons ! Je suis contente d'avoir pu rattraper un peu le coup avec Marjolaine »

    « Moi aussi, je suis contente. Nous devons remercier Dorémi pour ça ! »

    Tout fonctionnait selon le plan de Sophie jusque là, mais …

    « Au fait, Nathalie .. »

    Alors que Sophie entamait à peine le sujet facheux, Nathalie l'interrompit, dans un élan intuitif :

    « Stop ! Ecoute Sophie, je pense que Dorémi t'a prévenue, et je ne veux pas que l'on s'embrouille encore, donc arrête. Ne mentionne même pas le nom de Marjolaine devant moi »

    A l'intérieur des buissons, je jetais un œil à Marjolaine. Ses épaules commençaient à trembler avec colère.

    Ca tournait mal …

    Emilie entoura Marjolaine de ses bras pour essayer de la calmer, mais j'avais peur qu'elle finisse par révéler sa cachette.

    « Je sais mais ... »

    Sophie persévérait, mais Nathalie l'arrêta encore.

    « Je suis désolée Sophie, je rentre chez moi »

    « Attend enfin ! »

    Ce ne fut ni Sophie, ni Marjolaine qui prononça ces mots, mais moi, alors que je sautais de ma cachette.

    « Dorémi !! »

    Sophie se frappa le front et regarda en l'air.

    « Attend, Dorémi est ici aussi ? C'est curieux »

    « Je suis juste curieuse ! Je veux juste essayer de comprendre les vraies intentions de Nathalie ! Pourquoi t'être entêtée à dissoudre ton groupe ? »

    « De quoi tu parles ? Je n'ai pas menti »

    Nathalie se pinça les lèvres.

    « Tes lèvres pincées nous prouvent que tu mens, Nathalie »

    Sophie se planta là, et Nathalie couvrit sa bouche avec ses deux mains, dans la panique.

    « Dans tous les cas, je rentre chez moi ! »

    Mais avant qu'elle ne puisse songer passer, j'ai ouvert mes bras et bouché le passage.

    « Dorémi, pourquoi es-tu si curieuse, personne ne t'as demandé de l'être ! »

    « Je ... »

    « Nous ne sommes plus ces petits élèves de primaires, nous sommes des adultes désormais ! Peut importe le problème que nous affrontons, nous pouvons le résoudre par nous-mêmes. Dorémi, tu deviens lassante .. »

    « – ! »

    Les mots de Nathalie percèrent mon cœur.

    « Nathalie, s'en est trop ! » affirma fort Sophie, mais je continuais avec une voix tremblante :

    « Je me fiche de devenir lassante à tes yeux .. je me fiche que tu me détestes … Mais tu dois la vérité à Marjolaine ! »

    « J'en ai assez ! Pourquoi t'imposer dans le cœur des gens comme ça !? »

    « Par ce que … Je suis une fan des histoires de Nathalie, et des mangas de Marjolaine, et de ce qu'ils forment ensemble ! »

    J'ai compris que je m'étais emportée quand j'ai fini par réaliser que je pleurais sans m'en rendre compte, et que Nathalie m'apparaissait flou.

    « Dorémi .. »

    Sophie s'approcha de moi et m'enveloppa de ses bras.

    « Nathalie, je ressens la même chose que Dorémi. Je suis fan de ce que tu fais depuis l'école primaire ! »

    Nathalie ferma les yeux et pencha la tête.

    Après quelques minutes de silence, elle se redressa et ouvra la bouche :

    « Ecoute Marjolaine, je pense que c'est mieux que tu formes un nouveau groupe avec un nouvel écrivain que de reformer quoi que ce soit avec moi »

    « Qu'est ce que tu veux dire ? » disais-je alors que j'essuyais mes larmes.

    « Je l'ai entendu. La conversation entre Marjolaine et l'éditeur. C'est arrivé quand nous avions fini un de nos mangas, il y a un moment, et que nous avions reçu une mention honorable. Marjolaine et moi avions visité la compagnie qui dirigeait le magazine pour demander conseil à l'éditeur »

    Alors qu'elle parlait, elle s’essaya sur le banc.

    Sophie et moi la suivions, et nous avons finis par nous asseoir à côté d'elle.

    « Nous avons reçu d'excellents conseils, autant que d'encouragement pour notre travail. Avant de partir, je suis aller aux toilettes me laver les mains, et ce fut le moment où j'ai entendu l'éditeur dire ceci à Marjolaine : « Ton art est magnifique. Si seulement tu faisais équipe avec un meilleur scénariste, plutôt qu'avec cette fille et ses idées farfelues, tu pourrais faire carrière très bientôt »

    « Tu-Tu as entendu ça ? »

    « En fait, je ne savais pas où se trouvaient les toilettes, donc je suis revenue sur mes pas. Pour être honnête, ces mots m'ont détruites .. »

    « Nathalie ... »

    Sophie laissa sa main droite sur la main droite de Nathalie.

    Nathalie enchaîna en plaisantant :

    « Mais si Marjolaine peut saisir l'occasion de devenir professionnel, Nathalie se fiche d'être la méchante »

    « Je le savais, Nathalie est toujours Nathalie »

    J'étais si heureuse que j'ai voulu enlacer Nathalie, mais avant que je puisse me lancer, une paire de mains m'avaient devancées de par derrière.

    « Eh !? »

    Choquée, Nathalie se retourna pour voir Marjolaine, son visage empli de larmes.

    « Marjolaine ? »

    « Je ne savais pas que tu avais entendu cette conversation. Pourquoi ne m'avoir rien dis ? »

    « Ca aurait été nul ...Tu avais la chance de pouvoir passer professionnel, alors que moi, je n'étais qu'un poids pour ta carrière »

    « Ce n'est pas vrai ! Mon art est bon par ce que tes histoires lui donne du relief. Il est le résultat e notre patience et de nos erreurs ! »

    « Merci ... »

    Un sourire refit surface sur le visage de Nathalie.

    « Après ça, ce même éditeur m'a envoyé plusieurs scénarios écrits par des auteurs connus, et m'a dit de dessiner des mangas basés la dessus »

    « C'est formidable, non ? »

    « Non ça ne l'est pas ! J'ai immédiatement retourner les scénarios »

    « Pourquoi ? Tu aurais pu passer professionnel ! »

    « Je ne peux pas dessiner sans être au lycée de Misora .. Je ne peux pas être sans toi ! »

    « Marjolaine .. »

    Les larmes se perdaient dans ses yeux.

    Sophie et moi faisions signe à Emilie, qui pleurait derrière Marjolaine, de partir discrètement et de les laisser seules.

    Une semaine plus tard, nous lisions en avant-première le nouveau manga des deux nouvelles amies.

    Nous étions heureuse de savoir que le groupe se reformer, comme leur amitié d'ailleurs. Mais ce qui nous rendait encore plus heureuse était que ce manga était une œuvre d'art pleine d'humour.

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    FIN DU CHAPITRE DEUX

     

    (bordel de merde)

    Voici la dernière partie du chapitre deux, que je met un peu plus tôt que prévu, par ce que j'avais pitié de vous. 

    (Non bien sur, sur la demande expresse de cecilialovelol, lectrice fidèle, je m'excécute !)

    La première partie du chapitre trois arrivera vite, traduire, c'est kiffant.

    Bonne soirée.

    Ai-Chan


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  • « Je ne peux plus rien manger, épargnez mooii » Me plaignais-je en frottant mon ventre gonflé.

     

    Les bâtonnets de crabe ont continué à défiler devant mes yeux, les uns après les autres, rampant vers ma bouche.

     

    Je n'avais pas d'autre choix que de les manger, parce qu’ils continuaient de ramper devant moi.

    Peu de temps après, mon ventre, n’en pouvant plus, explosa dans un gros boom !

     

    « AAAAAAAAAAAAAAAAAH !! »

     

    J'ai été réveillé par mon propre cri.

     

    « Do-Dorémi !?? »

     

    J'étais dans un avion en direction de l'aéroport de Shin-Chitose, et Émilie et Sophie, qui étaient assises de chaque côté de moi, me couvraient ma bouche.

     

    « Je .. peux .. peux plus respireeeeer »

     

    « Tu as bientôt fini de faire tous ces bruits étranges ? » me demanda Emilie avec une voix douce,

    et j’acquiesça avec ferveur.

     

    Etant satisfaites, elles ont finalement retiré leurs mains de ma bouche.

     

    Les passagers autour de nous nous lançaient des regards étranges.

     

    « Nous nous excusons pour la gêne occasionnée » s'excusa Sophie, en baisant la tête

     

    « Dorémi, excuse-toi voyons ! » Rajouta-elle

     

    « Dé-désolée.. » Dis-je en abaissant aussi ma tête.

     

    Alors que je m'excusais, des rires se sont fait entendre provenant d'un peu partout, et l’humeur s’allégea.

     

    « Sérieusement Dorémi, quel genre de rêve as-tu fait ? » demanda Emilie d’une voix douce.

     

    « Les bâtonnets…les bâtonnets de crabes, ils étaient... »

     

    J'allais entamer mon explication, mais en réalisant que j'allais me ridiculiser devant tout le monde, je me suis tu.

     

    Même moi, j'étais encore étonnée de mon esprit tordu, qui était capable de me faire rêver de crabe uniquement par ce que nous nous dirigions vers Hokkaido.

     

    Ah oui, pourquoi nous nous dirigions vers l'aéroport de Shin-Chitose ? Je vais devoir  remonter à hier pour expliquer tout ça.

     

     

     

     

    Le célèbre Magazine des Femmes, dont un journaliste nous avait interviewé en face de chez Loulou il y a peu, lui avait consacré une page complète.

     

    Ils avaient analysé point par point la chute de popularité de Loulou, qui était due selon eux à sa participation au film « Zagaidon », un remake du grand film « Gazamadon », qui fut un échec cuisant dans l'industrie du cinéma.

     

    Après ça, Loulou avait vu elle-même sa côte chuter, et nous en avait parlé. Certains journaux avaient traiter le sujet de façon acceptable, mais d’autres avaient écrit des articles inexcusables .

     

    Cet article-là était pleins de rumeurs idiotes et infondées, mais aussi rempli de calomnies, qui parlaient de sa famille, de sa carrière ratée, et aussi du fait qu'elle posait pour des photos sexy pour gagner de l'argent.

     

    Bien sûr, nous n'avons rien cru de tout cela, mais n'en pouvant plus tenir, nous en avions parlé avec Maggi Grigri. Elle nous encouragea à redevenir des apprenties sorcières.

     

    Bien entendu, cet entrain n'était qu'un moyen pour elle de faire revenir Loulou, et d'augmenter les ventes de la boutique ainsi. Nous avons donc rejeté son offre.

     

    En échange, nous avions demandé à recevoir notre salaire plus tôt, avions acheté des tickets d'avion, et préparé notre vol pour Hokkaido.

     

     

     

    Notre avion quitta l'aéroport d'Haneda à 8 heures tapantes, et se posa à l'aéroport de Shin-Chitose à 9:35. De là, nous avons pris la ligne express JR Hokkaido, et nous avons été secouées pendant environ trente minutes avant d’atterrir à Sapporo. Il était alors 11 heures.

     

    Depuis que je m'étais réveillée à 5 heures, j'avais à peine mangé, alors mon ventre commençait sérieusement à gargouiller.

     

    « Il est encore tôt, mais allons déjeuner ! 

    —Quoi !? Tu n'as pas déjà mangé une boîte entière de bonbons dans l'avion ? S’exclama Sophie.

    —J'ai un estomac à part pour les sucreries. Ooh, on pourrait manger des Miso ramen? Ou les fameux Genghis Khan nabe ?

    —Dorémi : Nous sommes venues ici pour aider Loulou, par pour faire du tourisme ou pour manger ! rétorqua Emilie.

    —Emilie a raison ! Filons au bureau du père de Loulou d'abord. Ce n’est pas l'heure de manger des ramen ! 

    — M-mais ... Il n'y a pas une citation qui dit « On ne peut pas partir à la guerre le ventre vide »… ? »

     

    Soudainement, elles m’attrapèrent chacune un bras et me trainèrent de force.

     

    « Attendeeez, c'est bon, j'ai compris ! Lâchez-moi ! »

     

    Alors que j’implorai leur pitié :

     

    « Ah »

     

    Elles me lâchèrent d'un coup et je me ramassai lamentablement.

    « Dorémi, te rappelles-tu de cette démarche ? Là, devant nous ! » Demanda Sophie alors qu'elle pointait du doigt un homme aux longs cheveux bouclés, qui faisait danser sa canne.

     

    Les hanches de cet homme balançaient vigoureusement quand il marchait, encore plus que la célèbre démarche de Marilyn Monroe.

     

    « Cette allure, il n'y a pas d'erreur ! » s'exclama fortement Emilie.

     

    Je me remémorais cette démarche, mais le nom m'échappait encore.

     

    « Alexandre, c'est Alexandre !!  s’écria Emilie.

    —Alexandre ? Alexandre …. Oh !! »

     

    Je me souviens maintenant.

     

    « Alexandre Jaune d'Œuf ! » hurlions nous à l'unisson.

     

    Et l'homme en question se retourna pour nous faire face d'un pas élégant, tel une danseuse.

     

    Il n'y a pas d'erreur, il s'agissait bien du sorcier Alexandre.

     

    Alexandre Jaune d'Œuf fut un temps notre ennemi, voulant kidnapper Flora, mais au final, c'est un homme bien qui adore les enfants. 

     

    De plus, c'est un fan inconsidéré de Loulou depuis toujours, et il est très fier de son statut de « 7ème  fan officiel » dans son fan club.

     

    « Oh, mais c’est Dorémi, Emilie et Sophie, n'est-ce pas ? 

    —Ça fait tellement longtemps ! »

     

    Nous courûmes vers lui  

     

     « Alexandre, pourquoi es-tu à Sapporo ?

    —Rien de spécial. Je me suis juste inquiété quand je suis tombé sur ça »

     

    Il nous montra l'article d’un magazine pour femme qu'il trainait dans sa poche.

     

    « Serais-tu à la recherche de Loulou, tout comme nous ?

    —Yes ! (NT : En français dans le texte original)

    —Donc tu sais que Loulou est à Sapporo ? 

    —Je vous ai entendu en parler quand je suis passé près de la boutique, il y a peu.

    —Oh je vois ! Maintenant que tu es avec nous, nous allons pouvoir utiliser la magie pour la retrouver ! Ça nous sera d'une grande aide ! » Disais-je dans un sourire, mais l'expression d'Alexandre changea.

    « J'ai déjà essayé de nombreuses fois de la localiser avec la magie, mais je n'ai jamais eu de réponse… 

    —La magie ne devrait-elle pas pouvoir faire ça facilement ? Lançais-je tristement.

    —Ça marcherait si elle était dans Sapporo, mais pas si elle est à l'extérieur de la ville... » Répondit-il en s'excusant.

     

    « Donc ça ne servait à rien de venir ? » demanda Sophie, déconfite,  les épaules tombantes.

    « Mais si on trouve le père de Loulou, nous pourrions lui demander où se trouve sa fille ! Suggéra Emilie.

    —Great ! » (NT : En français dans le texte original)

     

     

    Alexandre parut ravi de la proposition d'Emilie, et même Sophie retrouva espoir.

    --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    YEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEES.

    Vous l'aurait compris, avec la rentrée tout ça, je n'ai même pas pu poster la traduction tant attendue ! Il doit y avoir un nombre incalculable de fautes (que ma soeur se fera un plaisir de me renvoyer à la figure).

    Nous abordons dans ce chapitre le voyage des filles à Hokkaido, un bon gros chapitre bien chiant à traduire avec tout pleins de noms japonais 8D 

    A bientôt, je compte sur votre fidélité ! 

    Aicko-Chan

     

    P.S : Vous avez saisi, "NT", pour "Note de la traductrice". Hihi.

     

     

    TRADUCTION: Aicko-chan
    Correction du 27/02/16 par Bobosse


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  • Les bureaux de la compagnie ferroviaire pour laquelle travaillait le père de Loulou se situaient dans un immense building près de la station de Sapporo.

    Nous entrions à quatre en même temps par l'entrée principale, pour nous diriger vers le réceptionniste.

    Cependant, deux agents de la sécurité se sont inquiétés en voyant l'allure d'Alexandre, et se sont approchés pour lui parler.

    « HEY ! Je ne suis pas un psychopathe ! Je dirige une école maternelle ! » 

    «Ah vraiment ? Et quelle école est-ce censé être ? Nous devons vérifier tout ça. Fournissez-nous le numéro de téléphone de votre employeur Monsieur ».

    A la question de l'agent, Alexandre répondit honnêtement :

    « C'est une école de bébés sorciers, alors même si vous appelez.. »

    « Bébés sorciers ? Vous êtes cinglé ! Accompagnez-nous au poste je vous prie ! »

    L'agent s'approcha pour menotter Alexandre, et nous nous retrouvions à improviser.

    « A-attendez ! »

    L'agent commença à nous menacer.

    « Vous ne me laissez pas le choix »

    Alexandre attrapa sa canne, et balles en métal de pachinko apparurent dans un écran de fumée.

    Il avait utilisé sa magie.

     Les gardes marchèrent sur les balles et tombèrent en grognant.

     

     

    Peu après, alors que nous avions échappé aux gardes et aux agents, nous nous retrouvions dans un café tout proche des bureaux, pour préparer un plan et revenir à l'attaque.

    Nos visages étaient associés à celui d'Alexandre, donc même si nous retournions tout sourire demander à la réception pour voir le père de Loulou, nous ne réussirions probablement pas.

    « Est-ce que quelqu'un a une idée ? »

    « Hum…et encore.. » Marmonnais-je d’un ton déjà défaitiste.

    « Hey, regardez ça ! » cria d'un coup Sophie en pointant du doigt les bureaux.

    En relevant la tête, nous aperçûmes les agents de sécurité de tout à l'heure, accompagnés d’autres employés, saluant un vieil homme apparemment important, qui retournait à sa limousine.

    « Oh oh ! Je peux me servir de ça ! »

    En disant cela, Alexandre agita sa canne, fit un pas de danseuse, et se transforma en l’homme qui venait de rentrer dans la limousine.

    Avec toute notre chance habituelle, la personne en laquelle s'était changée Alexandre n'était autre que le vice-président de la société.

    En tant que vice-président, Alexandre entra sans problème dans le bâtiment, et pu apprendre que le père de Loulou conduirait le train de nuit partant de Sapporo le soir même. Après avoir appris ça, il revint.

    Comme nous avions du temps à tuer avant d'embarquer pour le fameux train du soir, Alexandre nous invita pour déguster un plat chaud de Genghis Khah, que nous mangions avec délectation.

     

     

     

    Nous avions décidé de parler au père de Loulou sur le quai gare de Sapporo où le train de nuit attendait, avant qu’il ne rentre dans la cabine du conducteur.

    Environ 20 minutes avant qu'il ne démarre, le père de Loulou apparut.

    « Le père de Loulou ! »

    Alexandre nous surveillait de loin, n'osant pas se montrer, de peur d'être prit encore une fois pour un psychopathe.

    « Oh vous êtes … Dorémi, Emilie et Sophie ! 

    —On ne s'est pas vu depuis longtemps »

    Après que les politesses aient été échangées, nous lui expliquions que nous avions traversé le Japon pour savoir si Loulou se portait bien. 

    « Je suis désolé que vous ayez dû venir jusqu'ici les filles.

    —Comment se porte Loulou ? »

    Son père se déconfit un peu, avant de répondre :

    « Ah... Elle prétend aller bien devant moi, mais tellement de choses lui sont arrivées 

    —Tellement de choses … ? » reprit Emilie.

    Mais le père de Loulou ne répondit pas, et changea de sujet.

    « Loulou était très inquiète de ne pas avoir pu vous parler de son déménagement ici, à Hokkaido, ni de vous avoir transmis son nouveau numéro de téléphone.

    —Ouais, on ne pouvait vraiment pas la joindre... » répondit Sophie.

    « Les médias se sont montrés très insistant. Je pense que Loulou ne souhaite pas vous ayez des problèmes à cause de ça, et attend que tout cela se soit tassé. Laissez-lui du temps, s'il vous plaît... »

    En disant cela, il s'inclina. A ce moment-là, l'assistant conducteur du train de nuit, qui était dans le compartiment de conduite, annonça que le train était sur le point de partir.

    Le père de Loulou acquiesça et se dirigea vers la cabine. Mais il s’arrêta soudainement.

     « Loulou vit maintenant avec sa mère à Wakkanai, alors s'il vous plaît, ne vous faites pas de soucis. Au revoir »

    Puis il rentra dans le compartiment.

    « Merci ! »

    Nous le saluâmes avec respect, puis courûmes vers Alexandre.

    « Alexandre ! Nous savons où la trouver ! Cria Sophie

    —Il a dit qu'elle était à Wakkanai ! 

    —Wakkanai ? Pas étonnant qu’on est pas trouvé avec la magie. »

    Sophie enchaîna :

    « Alexandre, emmène-nous là-bas avec ta magie ! »

    Mais il répondit :

    « Je suis désolée les filles, mais le délai est passé, je dois retourner dans le Monde des Magiciens »

    Alexandre parlait de son école materne dans le monde des sorciers. Il y a peu, l'agriculture là-bas avait connu un essor tel que de nombreux enfants magiciens étaient nés, et qu’ils étaient un peu en rupture de nounous. Ça expliquait pourquoi il ne pouvait prendre qu'une demi-journée de congé.

    « Nous aussi. On va rater notre vol si on ne se dépêche pas! » Dit Emilie avec regrets.

    Nous nous sommes séparés d'Alexandre à la sortie de Sapporo, emplies d'un sentiment d'amertume à l'idée d'échouer si près du but, et nous sommes retournés à Shin-Chitose pour prendre notre avion.

     

    Arrivées à l'aéroport, nous recevions un nouveau choc.

    Alors que nous nous livrions aux procédures d'embarquement habituelles, nous avons aperçu le fameux journaliste qui avait écrit l'article dans le magazine pour femmes, passer la porte d'arrivée.

    « Pou-pourquoi il est là lui ? 

    —Ça risque de mal se passait s'il nous voit…Cachons-nous ! »

    En suivant les instructions toujours sages d'Emilie, nous nous retrouvions cachées.

    « Qu'est-ce qu'il fait là ? » murmurais-je tout en fixant le dos du reporter.

    « Il a dû avoir échos de la présence de Loulou  supposa Emilie.

    —Et ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne la trouve... » frémit Sophie.

     

     

    Nous frémîmes toutes à cette idée.

     

     

    TRADUCTION: AICKO-CHAN
    correction du 27/03/16 par Bobosse 


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